Archive pour la catégorie 'JDG1 – JUIN 1915'

7 juin 1915

Le journal avant cette date ne nous est pas parvenu.
Séraphin a rejoint le front avec son régiment dés les premiers jours du mois d’août 1914.

Arrivé au bois, nous recevons l’ordre de redescendre à ESNES, le régiment quittant le secteur pour aller dans un autre inconnu. Nous descendons à ESNES où nous passons la nuit.  L’événement que nous craignions tant, arrive, nous quittons le secteur de MALANCOURT, maintenant devenu si calme ; tant pis !… Partons tous avec courage

 

7 juin 1915 dans JDG1 - JUIN 1915 Bois-Gruérie3-300x225

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Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 25 janvier, 2012 |1 Commentaire »

8 juin 1915

     Un bataillon est déjà parti cette nuit pour ..(illisible).. nous allons le suivre aujourd’hui.
Où irons-nous ?…Comment se fera le voyage ?. Qu’allons nous faire ?.. Attaquerons-nous ?.. Que de questions l’on se pose ! Les racontars vont leur train. C’est toujours inévitable dans des événements pareils. Moi, je suis content et je pars sans aucune appréhension mauvaise. Il me semble que ça ira toujours bien. 
Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 24 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

9 et 10 juin 1915

 On reste à ESNES, on ne sait pourquoi on est là, on attend les évènements.

9 et 10 juin 1915 dans JDG1 - JUIN 1915 Esnes-300x240http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53000750x.r=ESNES.langFR

 

Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 23 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

11 juin 1915

     On part enfin aujourd’hui à 9 heures dit-on pour JOUY, prés de DOMBASLE. On languit dans cette situation, mieux vaudrait être vite édifié. Le départ a lieu, en effet, à l’heure prescrite. Il fait bon sur la route, mais le sac est extrêmement lourd (1), puis on manque d’entraînement. La fatigue se fait sentir. On traverse MONTZEVILLE, DOMBASLE et on arrive à JOUY vers 13 heures 30.

(1) Faut-il rappeler ici que les fantassins doivent supporter le poids énorme de leurs équipements: un fusil Lebel de 4,410 kg chargé, 3 cartouchières contenant 5 paquets de 8 cartouches soit 120 cartouches pour un poids de presque 2 kg, une baïonnette, un outil de tranchée, une gourde d’eau ou de « pinard » et sur le dos tout le paquetage de campagne avec des effets de rechange, quelques vivres dit de réserve, le tout souvent surmonté d’un plat de campement. C’est donc pas moins de 25 kg que porte le fantassin. Il faut ajouter à cela une tenue qui n’est ni adaptée aux grosses chaleurs de l’été ni à l’humidité et au froid de l’hiver.


Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 22 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

12 juin 1915

     JOUY… levé à volonté. Journée peu mouvementée. Beau temps. On dîne et on fait la sieste. On s’apprête au départ. Départ de JOUY vers 19 heures. Nous nous engageons sur la route qui conduit à DOMSBALE, sur laquelle on aperçoit bientôt une longue ligne de camions-autos, lesquels nous emporteront sur notre nouvelle ligne de bataille. La vue de tant de voitures alignées est ravissante.
On s’embarque, quelques instants après, on est 20 par voiture et nous sommes bien serrés. En vitesse, on traverse DOMBASLE, RECICOURT, PARROY, où les habitants nous acclament sur notre passage, puis dans la nuit, CLERMONT en ARGONNE ; cette ville si sauvagement bombardée, aujourd’hui en ruines ; Les ISLETTES, puis enfin STE MENEHOULD qui nous paraît fort belle.
On descend de voiture à quelques kilomètres de cette ville. On s’engage sur la route, on marche, le terrain est plat, on fait 5 kilomètres environ et on arrive à MAFFRECOURT, où on se couche dans une vaste grange
Photos de Clermont en Argonne
Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 21 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

13 juin 1915

      MAFFRECOURT (Marne). Beau temps, on est un peu fatigué du voyage et de la marche d’hier soir. Dans la journée, je visite le patelin, c’est triste ! Quel est donc ce nouveau secteur ? Le petit cimetière est tout plein de soldats tombés lors des dernières bataille de la Marne. Il y en a 200 environ, tous de la coloniale. Cela fait songer aux terribles journées passées et aux deuils répandus par cette horrible hécatombe. Quelques boches sont aussi enterrés là, mais ils sont placés dans une fosse commune, à part ; elle porte cette inscription,  » Aux soldats allemands tombés pour leur pays « .
Le pays est excessivement triste et d’aspect désolant. Nous sommes maintenant dans un des plus mauvais secteurs du front ; la Gruerie, la Chalade, Bagatelle, Four de Paris, Boureuilles, etc. Tous ces noms qui rappellent tant de tragédies sont devant nous. Cela ne promet pas beaucoup, mais je suis toujours confiant. Peut-être n’y serons nous pas venu pour y goûter de terribles épreuves.
13 juin 1915 dans JDG1 - JUIN 1915 Argonne1On quitte MAFFRECOURT le soir à 20 heures pour VIENNE le CHATEAU, désormais notre secteur. On traverse NEUVILLE, VIENNE la VILLE, on arrive sur la place de VIENNE le CHATEAU fort tard. Le fourrier (1) nous conduit à notre cantonnement, l’épicerie, rue des ponts.

1- L’emploi de fourrier est rempli par un sergent ou un caporal dit « fourrier ». Aux ordres du sergent-major, le fourrier tient toutes les écritures de la compagnie, à l’exception des punitions et du livret d’ordinaire.

 


Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 20 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

14 juin 1915

     VIENNE le CHÂTEAU :  Jolie petite ville de 2000 habitants située à la lisière de la fameuse forêt de l’Argonne. Les maisons sont en totalité détruites par le bombardement, tout est plein de décombres, c’est une calamité. Quelle vision de guerre avons-nous sous les yeux ?
Du village on entend distinctement la fusillade ; nous ne sommes qu’à 2000 mètres de l’ennemi. Le canon tonne fort et sa grosse voix résonne dans l’immense forêt. Le secteur est d’aspect triste et dangereux, mais quand même il ne nous influe pas et nous ne craignons pas trop les événements qui pourront se produire.
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Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 19 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

15 au 19 juin 1915

15 juin:

            Dés le matin, noussistons à un bombardement du village. Nous nous réfugions dans les caves. L’ennemi arrête son tir vers 9 heures. Il a fait 24 victimes, dont 4 morts et 20 blessés.

Pertes du 15 juin = 3
Tués: 2

Autres: 1

16 juin:

            Les boches envoient des 105 dans le village, 2 projectiles tombent prés de villa de notre colonel et l’explosion très violente nous couvre de toutes sortes de débris et de poussière. Nous montons des outils aux tranchées de première ligne ; corvée fatiguante et dangereuse. La nuit, fusillades et canonnades violentes.

Pertes du 16 juin = 3
Tués: 2

Autres: 1

 17 juin:

            On travaille toute la journée à la gabionnade du colonel.

15 au 19 juin 1915 dans JDG1 - JUIN 1915 Gabionnagehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6933664m.r=gabions.langFR

Pertes du 17 juin = 3
Tués: 2
Blessures de guerre: 1

18 juin:

            Toujours beau temps. On travaille dur à la gabionnade (1). Nous sommes de nouveau bombardés. Une douzaine de 150 tombent en plein village.

Pertes du 18 juin = 2
Tués: 1

Blessures de guerre: 1

19 juin:

           On termine la gabionnade . On est fatigué. Les boches bombardent quotidiennement le village. Aujourd’hui encore une douzaine de 150 tombent dans l’après-midi. Quatre tout prés de notre caverne ; la cuisine s’est effondrée sous la violence de l’explosion. Je ne sais pas trop si nous ne perdrons pas la tête en vivant dans un pareil enfer ?…

Pertes du 19 juin = 2
Tués: 1
Disparus: 1

1 – Construction faite de gabions, sorte de panier de forme cylindrique qu’on remplit de terre et dont on se sert pour construire des postes de combat et des abris en vue de se mettre à couvert.. 

Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 18 janvier, 2012 |Pas de commentaires »

20 juin 1915

             Depuis 3 heures du matin, le canon tonne avec fracas et sans arrêt. Il est 7 heures ; que de mitraille est tombée sur le village ! C’est réellement affolant. Heureusement que nous sommes abrités dans les cavernes. C’est bien triste de vivre ainsi. Mais à mesure que la journée arrive, plus triste elle devient, pour être enfin une grande et terrible journée de bataille, où nos hommes devant faire face à une formidable attaque ennemie sont décimés par un ouragan inconcevable de projectiles de toutes sortes.

            Grâce à leurs obus asphyxiants, jetés en grande quantité sur la deuxième ligne, les boches ont attaqué en masse notre première ligne arrosée préalablement par un nombre considérable de minenwefer (1).

            Nos hommes ont lutté héroïquement contre la sauvage poussée de l’ennemi sous une avalanche formidable d’acier. Des corps à corps se sont produits dans nos tranchées où l’on s’est tué à la baïonnette. Le bois, le village sont criblés d’obus. Quelle horrible journée ! Que de souffrances ! Que de tortures!.

20 juin 1915 dans JDG1 - JUIN 1915 Baionettes1

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90441141.r=charge+argonne.langFR

           

          Je suis parti à 8 heures du soir de VIENNE, pour aller porter la soupe aux hommes de liaison. Dans le boyau (2), j’ai eu beaucoup de peine à lutter contre les gaz asphyxiants, ma gorge me piquait mes yeux me cuisaient horriblement, je toussais beaucoup. Mon masque m’a protégé efficacement, sans lui, je serai tombé inanimé. En pleine fusillade, je suis arrivé au poste du colonel. Je redescends en pleine attaque, les mitrailleuses crachent follement, les balles sifflent. Dans le boyau, 4 cadavres horriblement déchiquetés gisent là. C’est un spectacle navrant.

            Je retourne à VIENNE sain et sauf. Le village a été bombardé avec rage de 3 heures du matin à 6 heures du soir. Jamais depuis DIEUZE (3) , on avait tant souffert.

            Dans quel misérable secteur sommes nous tombés !…

Pertes du 20 juin = 123
Tués : 105
Disparus: 10
Blessures de guerre:  8

1 – Minenwerfer : Nom des pièces d’artillerie de tranchée allemande, et, par extension, désignation des projectiles qu’elles envoient. 

2 – Boyau : voie de communication entre deux lignes de tranchées. C’est par les boyaux que « montent » et « descendent » les unités lors des relèves, non sans problèmes, dus à l’étroitesse du boyau qui peut empêcher les files d’hommes de se croiser, et aux ramifications multiples qui font s’égarer les unités.

3 – En référence au combat du 112 RI dans le secteur de Dieuze (57), les 19 et 20 août 1914. 

 

LE SORT DES DISPARUS, UNE QUESTION DÉLICATE..

Un exemple parmi tant d’autres…

Ce jour-là le soldat Henri DAUMAS du 112e RI (Matricule 839 bis classe 1904/ Marseille) est déclaré : disparu présumé tué.

 Henri Daumas

 Comme chaque fois que nos unités reculent, le nombre des disparus est particulièrement élevé (485 pour l’ensemble de la 251e brigade).

Par définition, le soldat disparu est celui qui au soir, ou le lendemain des combats, en fait lorsque la situation se stabilise, est absent de son unité sans que l’on sache avec précision s’il a été tué, blessé ou tout simplement fait prisonnier.

Le 22 octobre 1915, une fiche de la Croix-Rouge (ci-dessous) répondant à un questionnaire de recherche donne un avis négatif.

A cette date on ignore toujours le sort d‘Henri Daumas.

Fiche Croix-Rouge

 

Plus tard, on découvrira qu’il a été fait prisonnier. (à suivre…)

Il reviendra de captivité en 1919.

Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 17 janvier, 2012 |2 Commentaires »

21 juin 1915

        La lutte continue, mais moins violente qu’hier. Le village reçoit de nouveaux obus. Les blessés sont nombreux et s’embarquent dans des autos. Gloire au 112°, notre beau régiment, d’avoir supporté avec tant d’héroïsme une lutte si meurtrière et si bien préparée.

            Les attaques et contre-attaques ont lieu dans la journée et dans la nuit. Rien de changé.

Pertes du 21 juin = 5
Tués: 3

Blessures de guerre: 1

Publié dans:JDG1 - JUIN 1915 |on 16 janvier, 2012 |Pas de commentaires »
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